Yohann Ndoye-Brouard ne verra pas les demi-finales du 200 m dos aux Championnats d’Europe de natation à Paris. Pourtant, le Français avait réalisé le cinquième meilleur temps des séries. Une règle limitant le nombre de qualifiés par pays a mis fin à son parcours dans l’épreuve.
Un chrono qui devait normalement suffire
a matinée parisienne a réservé une situation particulièrement frustrante à Yohann Ndoye-Brouard. Le Français a remporté sa série du 200 m dos en 1 min 55 sec 91.
Sur l’ensemble des séries, cette performance lui attribuait le 5e meilleur temps. Dans des conditions classiques de qualification, le nageur aurait donc largement eu sa place parmi les demi-finalistes.
Mais le classement général ne suffisait pas cette fois. Le règlement des Championnats d’Europe prévoit en effet une limite de deux nageurs qualifiés par nation dans une même épreuve.
Et la France comptait trois représentants mieux classés que la limite autorisée.
Trois Français parmi les meilleurs, un seul sacrifié

La performance la plus marquante est venue de Nathan Muratory. À seulement 18 ans et fraîchement revenu des Championnats d’Europe juniors, le Français a remporté sa série en 1 min 54 sec 87.
Ce chrono lui a permis de battre le record du monde junior et de terminer en tête de l’ensemble des séries.
Derrière lui, son compatriote Mewen Tomac a également réalisé une solide performance avec un temps de 1 min 55 sec 14. Les deux nageurs occupent donc les deux premières places françaises et obtiennent leur billet pour la suite de la compétition.
Pour Yohann Ndoye-Brouard, cette situation est forcément difficile à accepter. Le champion d’Europe 2022 a reconnu après sa course ressentir de la déception, tout en soulignant le niveau atteint par la natation française dans cette spécialité.
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Antoine Herlem également victime du quota

Le cas de Yohann Ndoye-Brouard n’est pas le seul exemple de cette règle lors de ces séries.
Antoine Herlem, auteur du 13e temps en 1 min 56 sec 99, a lui aussi été éliminé. Avec trois Français présents parmi les meilleures performances, la limitation à deux représentants par pays a donc empêché plusieurs nageurs tricolores d’accéder aux demi-finales.
La situation profite notamment à des concurrents moins bien classés au temps. Le Hongrois Zsombor Racz, 17e, et l’Espagnol Hugo Gonzalez de Oliveira, 18e, ont ainsi obtenu leur qualification pour le tour suivant.
Ce règlement vise à éviter qu’une seule nation monopolise les places disponibles. Mais à Paris, il produit un résultat spectaculaire : un nageur classé cinquième au temps quitte la compétition avant même les demi-finales.
Une élimination qui témoigne aussi de la densité française
Au-delà de la frustration de Ndoye-Brouard, cette situation illustre la profondeur actuelle du 200 m dos français. Nathan Muratory a frappé fort avec un record du monde junior, tandis que Mewen Tomac a également terminé devant son compatriote.
Pour Yohann Ndoye-Brouard, l’aventure européenne s’arrête donc prématurément dans cette épreuve malgré un chrono compétitif. Les performances françaises auront finalement été suffisamment nombreuses pour priver l’un des cadres de l’équipe d’une place en demi-finales.
La compétition continue néanmoins pour les autres nageurs tricolores, avec de nouvelles courses et de nouvelles chances de médailles à Paris.