Trois jours après le départ de flammes près de Dannes et Neufchâtel-Hardelot, la préfecture du Pas-de-Calais a annoncé ce vendredi 14 août que l’incendie du Pas-de-Calais était fixé. Un mot technique qui ne signifie pas extinction totale, mais bien une avancée majeure après une mobilisation exceptionnelle de moyens humains et aériens.
Un dispositif hors norme pour circonscrire le sinistre
Depuis le déclenchement des feux mercredi 12 août, les autorités ont engagé des moyens considérables. Concrètement, l’opération a mobilisé :
– 232 sapeurs-pompiers au sol ;
– 70 gendarmes pour sécuriser le périmètre ;
– un hélicoptère de reconnaissance chargé de cartographier la progression des flammes ;
– deux hélicoptères bombardiers d’eau ;
– un avion Dash, spécialisé dans le largage d’eau sur les feux de grande ampleur.
C’est cette combinaison d’intervention aérienne, engagée dès le premier jour, puis d’un travail minutieux au sol, qui a permis de stopper la propagation. Dix sapeurs-pompiers ont été blessés durant les opérations, sans toutefois nécessiter de transfert hospitalier, un signe que les protocoles de sécurité ont globalement tenu malgré l’intensité des interventions.
Que signifie un feu « fixé » mais pas « éteint » ?
Sur le terrain, la nuance entre un feu fixé et un feu éteint est essentielle pour comprendre la suite des opérations. Un incendie fixé a cessé de progresser : les lisières sont maîtrisées et n’avancent plus. Mais des foyers résiduels peuvent subsister à l’intérieur du périmètre brûlé, susceptibles de se raviver en cas de vent ou de forte chaleur.
C’est pourquoi un poste de commandement reste positionné sur zone, chargé de surveiller l’évolution de la situation dans la durée. Ce dispositif de vigilance, courant après les grands feux de l’été, peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon la nature des terrains touchés.
Au total, 190 hectares ont été parcourus par les flammes. Fait notable relevé par la préfecture : sur le secteur de Neufchâtel-Hardelot, 40 % de la surface traversée par le feu n’a finalement pas brûlé, preuve d’une maîtrise progressive du sinistre. Une habitation a néanmoins été détruite dans ce bilan.
Accès interdit aux massifs forestiers : une double logique sécuritaire
Un arrêté préfectoral interdit désormais toute circulation dans les massifs forestiers de Camiers, Condette, Dannes, Saint-Étienne-au-Mont, Neufchâtel-Hardelot et Merlimont. Cette interdiction répond à un double objectif affiché par les autorités : garantir la sécurité des promeneurs face aux risques résiduels, mais aussi limiter l’installation de campements dans ces secteurs, dans une logique de prévention des départs de feu.
La préfecture appelle par ailleurs la population à ne pas s’approcher des zones sinistrées, afin de ne pas gêner les équipes encore mobilisées sur place.
Une enquête ouverte sur l’origine du sinistre
Reste la question des causes. Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine exacte des différents départs de feu. Selon Christian Vedelago, directeur de cabinet du préfet du Pas-de-Calais, l’incendie « n’est pas d’origine naturelle » une piste qui oriente désormais les investigations vers une cause humaine, accidentelle ou volontaire.
Ce sinistre s’inscrit dans une séquence estivale marquée par plusieurs feux de forêt d’ampleur en France, notamment dans les Landes, où l’intensité des flammes reste également surveillée de près par les services de secours.
Si la menace immédiate semble écartée à Neufchâtel-Hardelot, la vigilance reste de mise dans le Pas-de-Calais tant que l’enquête sur l’origine du feu n’aura pas livré ses conclusions. Restez informés des derniers développements sur ce dossier et sur les autres incendies qui touchent actuellement le territoire français.