Le matin, avant de regarder son téléphone, Alban Ivanov ouvre désormais un livre. Un rituel presque anodin, mais qui dit beaucoup du chemin parcouru par l’humoriste. Car derrière cette nouvelle habitude se cache un vieux complexe, celui d’un ancien élève en échec scolaire devenu l’un des visages les plus populaires de l’humour français.
Un parcours scolaire semé d’embûches
De passage au festival Juste pour rire à Montréal, Alban Ivanov s’est confié à Paris Match sur des années de collège particulièrement difficiles. Dès la sixième, l’artiste raconte avoir senti que l’école n’était pas faite pour lui. Un exemple frappant : avec un professeur d’histoire-géo qu’il appréciait, il obtenait 16 de moyenne. L’année suivante, avec un autre enseignant, sa note chutait à 4.
Le constat est resté le même jusqu’à ses 17 ans, âge auquel il quitte définitivement les bancs de l’école. Direction un BEP vente, suivi seulement six mois plus tard par une opportunité inattendue : un rôle dans la série « L’instit », aux côtés de Gérard Klein.
Le poids des fautes d’orthographe
C’est plus tard, une fois lancé dans l’écriture de sketchs, que ce passé scolaire ressurgit sous une autre forme. Alban Ivanov explique qu’il redoutait d’envoyer ses textes aux équipes de Canal+, persuadé que ses fautes d’orthographe trahiraient un manque de légitimité. Un complexe tenace, qu’il dit avoir mis des années à surmonter.
Le déclic serait venu, entre autres, d’un changement de routine : remplacer le défilement des réseaux sociaux au réveil par la lecture. Une discipline qu’il dit tenir aujourd’hui au quotidien, et qu’il associe directement à un mieux-être créatif.
L’autodérision comme moteur
Ce vécu scolaire éclaire aussi la façon dont Alban Ivanov construit son humour. Pour lui, se moquer des autres sur scène suppose d’abord de savoir rire de soi-même, sans exception. Une règle qu’il applique depuis ses débuts et qu’il revendique comme la base de son métier.
Le parcours de l’humoriste rappelle celui de plusieurs artistes qui ont dû composer avec des difficultés scolaires avant de trouver leur voie ailleurs. Sa trajectoire, du BEP vente à la scène en passant par la télévision, illustre un chemin loin d’être linéaire mais assumé avec humour.
Un parcours qui prouve que les complexes d’hier peuvent devenir les meilleures histoires de demain, à retrouver bientôt dans nos prochains portraits d’humoristes.