L’homme le plus riche d’Afrique met enfin une date sur un projet qui traîne depuis des années. Aliko Dangote l’a annoncé sans détour : les premiers coups de pelle sur le chantier de la raffinerie de Lamu, au Kenya, seront donnés en octobre prochain. Une nouvelle qui vient enfin donner corps à un projet longtemps resté flou.
Un calendrier enfin fixé après des années d’attente
Le milliardaire nigérian n’a jamais caché son ambition de dupliquer en Afrique de l’Est le modèle de son immense complexe pétrolier construit près de Lagos. Mais entre les études de sol, les négociations avec les autorités kényanes et les hésitations sur le site exact — Mombasa, Tanga en Tanzanie, puis finalement Lamu — le projet peinait à sortir des cartons. Cette fois, Dangote a été catégorique auprès de la BBC : le chantier démarrera au plus tard en octobre.
Une fois la première pierre posée, les travaux devraient s’étaler sur un peu moins de quatre ans. De quoi transformer cette île du nord du Kenya, déjà connue pour son port en eaux profondes, en véritable pôle énergétique régional.
Un budget revu à la baisse
Autre annonce notable : la facture du projet a été allégée. Dangote parle désormais d’un coût avoisinant les 2 000 milliards de shillings kényans, contre une première estimation tournant autour de 2 200 milliards. Selon lui, cette économie s’explique en partie par l’expérience accumulée lors de la construction de sa raffinerie nigériane, qui permettra d’aller plus vite — et donc de réduire les coûts de financement.
À terme, l’installation devrait pouvoir traiter jusqu’à 700 000 barils de pétrole brut par jour, un volume qui la placerait parmi les plus grandes raffineries du continent.
Une ambition qui dépasse largement le Kenya
Pour Dangote, l’enjeu va bien au-delà du marché kényan. L’objectif affiché est de réduire la dépendance de toute une région aux carburants importés. Le milliardaire a d’ailleurs évoqué la possibilité d’approvisionner l’Ouganda, la Tanzanie, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, et même l’Égypte.
Autant dire que si le calendrier tient, cette raffinerie pourrait rebattre les cartes énergétiques de toute l’Afrique de l’Est.